Triathlon MD de Gérardmer - Le récit de Florian
Le WE du 5 Septembre avait lieu le Triathlon XL de Gérardmer auquel je m’étais inscrit depuis Juillet et qui était pour moi mon premier triathlon « Longue Distance ». On ne va pas se battre sur les chiffres, puisque divers formats cœxistent mais ici on a affaire à un vrai Half-Ironman, c’est à dire 1900m de natation, 90 km de vélo (97 au compteur) et un semi-marathon, soit 21km à pied. L’épreuve avait lieu le samedi avec un départ à 9h30.
Vendredi 4 Septembre
Devant déposer le vélo dans le parc dès le vendredi, nous avons pris notre journée de RTT et sommes arrivés sur place vers 14h. La météo sur la route aura été archi mouillée. Pas un brin de soleil, seulement des rideaux d’eau sur 500km. Génial et très motivant pour le lendemain !! Un casse-croûte avalé, on part faire le tour des quelques stands qui étaient déjà ouverts avant d’aller chercher le dossard et tout ce qui va avec (belle polaire, puce, bonnet ...). Tout cela sous la flotte évidemment ! Ensuite nous sommes partis reconnaître le parcours vélo (en voiture !!). Avant même la sortie de Gérardmer les organisateurs ont décidés de mettre une belle rampe de presque 2km à 7% (histoire de chauffer la machine). La route ne fait pas plus de 2m de large et pas moyen de se croiser à 2 voitures. Ca va être sympa demain avec tout le monde !! Une fois en haut on traverse des lotissements avec de beaux chalets Vosgiens pour arriver sur le lac de Longemer qu’on longe sur la route principale. C’est ici que se trouve le seul bout plat (environ 5 km). On passe devant le lac de Retournemer et direct on attaque le col des Feignes. Certes ce n’est pas un col des Alpes mais il va falloir le faire trois fois ! Une fois en haut une belle descente nous mène au pied d’une minuscule route avec de très beaux pourcentages ; le 3e plateau me semble indispensable pour la fin ! On remonte alors sur le col de Grosse Pierre. Descente sinueuse mais roulante avant de passer par la cote des Bas-Rupts (avec son hôtel de luxe que je vous recommande – wink ). On finit de descendre pour arriver dans gerardmer. Mais demain il faudra le faire 3 fois et ce ne sera pas la même chose, plus de moteur, juste les jambes ; et j’espère un peu moins de pluie sinon glissssssssssssssssssssssade assurée.
Ensuite on passe à notre chambre d’hote mais nos hotes ne sont pas là donc je décide de profiter d’une accalmie météorologique pour aller mettre mon vélo au parc. Je le sors de sa housse, installe les gels, pompe, ... et vérifie la pression. Je fais quelques tours de roues et là c’est le drame. Le pneu de David avec lequel j’avais roulé le dimanche précédent sur le sac, frotte sur mon dérailleur avant à cause des gravillons mouillés. Fait ch....... Je prends la décision de mettre les gommes neuves (reçues la veille – merci maman !). Si c’est mouillé demain je vais faire la danseuse et ça inquiète assez Alice ! Tant pis je n’ai pas d’autre solution. Au passage je change même la chambre à air. Bon cette fois le coup de stress est passé, je pars au parc, me fait enregistrer par les arbitres et dépose au vélo sur lequel je mettrai une bâche fournie par l’organisation. Un dernier bizoo au vélo et je retourne en courant à la voiture, car l’éclaircie est terminée et tous les mecs qui avaient eu la même idée, se retrouvent à attendre au chek-point – trempés !!
Fin de journée tranquille, Pasta Party très très bien organisée le soir avec de bonnes pâtes pas trop cuites, une sauce bonne et de la dinde à volonté. Encore une fois on échappe à la queue en arrivant tôt, avant le rush. Une île flottante en dessert et hop on rentre à la chambre. Je finis de préparer les affaires, les sacs de transition et le reste, et au lit !
Samedi 5 Septembre
Réveil 7h, puis petit dej vers 8h en compagnie d’u autre couple belge dont le mec participe aussi au XL. Je lui pose quelques questions sur les sacs de transitions pour ne pas me retrouver après la natation avec le sac de course à pied, j’aurais l’air malin !! Malheureusement je ne profite pas du très bon petit déjeuner qu’avait préparer nos hotes Vosgiens. Mais je me suis rattrapé le lendemain !! A la place je m’enfile as usual des petits cake de Gatosport. C’est pas terrible mais c’est le dernier sacrifice de la semaine donc on oublie !
Ensuite je boucles les sacs, visite et revisite les WC et on y va !! 1à min à pied et on est sur place. Je déballe mon vélo, lui demande s’il a bien dormi, pas eu trop froid. Ca a l’air d’aller ! Je dépose les sacs de transition et pars vers le club de voile d’ou sera donner le départ. Petit à petit on se met tous en tenue de pingouins, on largue nos dernières affaires et on va faire quelques tous de bras. Au passage je teste ma combi (il était presque temps !! – je rappelle : ne jamais tester quoique ce soit moins d’1 semaine avant la course, c’est tjs source de pb...). Et la je découvre que c’est trop top. Pourquoi s’entraîner toute l’année sans pull-boy alors qu’avec la combi on flotte plus haut que le niveau de l’eau ou presque... C’est sur ça va le faire ces 1900m. Le paquet se constitue peu à peu et l’ambiance monte.
Natation
Compte à rebours et zou, c’est parti. Les élites partent forts as usual puis petit à petit l’eau approche. Va falloir y aller. L’entrée dans l’eau est comme prévu merdique avec les cailloux qui te défoncent les pieds, les mecs qui poussent derrière et ceux qui mettent le temps à se plonger ! Mais bon ça passe, quelques centaines de mètres à se prendre quelques coups et à monter sur les autres et le rythme vient. Je pars cool et m’efforce de nager en trois temps pour ne pas faire comme au Mans. La première bouée arrive et malheureusement je suis à la corde, donc ça bastone et ça ralentit. 500m et la deuxième bouée. Je suis bien donc je mets le cligno à droite à double avec un mec par la droite du peloton. Mais mal m’en a pris car après quelque temps je me rends compte qu’il me fait dériver en dehors du flot. Pop pop pop, toi tu fais le tour du lac si tu veux mais sans moi ! Donc je réintègre la masse et reste dans les pieds. On ne voit pas bien la trajectoire à cause du soleil levant en pleine face. Et la fin arrive déjà. Je ne suis même pas fatigué et sors presque avec le regret de ne pas m’être un peu plus rentré dedans. Le temps risque d’être moyen. Que nenni, 34 min au chrono à la sortie de l’eau. Presque plus vite que Lionel sur 1500m. LPdV va falloir te ressaisir pour l’an prochain sinon tu risques de rester derrière.....
Officiellement je sors en 35’13 de l’eau (la minute d’écart est du à la lente procession du départ sur la plage...) avec le 439e temps.
T1
A la sortie de l’eau, pas de tête qui tourne comme la dernière fois, c’est bon signe. J’ai un peu de mal à chopper le zip de ma combi. Une fois le sac récupéré, je me pose dans l’herbe pour me changer – trop de monde sous la tente. Je retire la combi, mets les chaussures, gants, veste et ceinture dossard. Puis je largue mon sac et récupère mon vélo avec le casque et les lunettes. Et c’est parti pour 90 km.
Bilan 6’26. Moyen mais bon c’est un premier.
Vélo
Aucun pb au début, alors que certains galèrent pour enfiler les chaussures sur le vélo ou déraillent en enlevant la plaque... 2 km pour se chauffer et c’est parti pour la cote de Poli. Wauouh quel monde. Des cyclistes partout, bcq de spectateurs, du bruit, des cloches.... Top mais dur de doubler car oui à ce moment là je double alors que je ne suis vraiment pas dans le rouge. En tout cas première cote sympa. En haut premier ravito. Je prends une gourde d’eau. Sur le vélo je n’ai que 2 bidons de produits énergétiques (1/2 Aptonia hydratation – ½ Malto pêche) que je répartirai tout au long du parcours vélo. Descente un peu dangereuse car rapide avec du monde et des gravillons. On longe les lacs puis vient le col. Il y a bcq de monde éparpillé sur la route ; au moins on n’est pas tout seul. Ca monte facile jusqu'au ravito suivant où je ne m’arrête pas. Mais déjà je dois dire que j’ai été impressionné par la qualité de ces stands. Bidons d’eau, coca, energy, bars, gels, fruits sacs, sucre, banane, ...... le tout tendus par des dizaines de bénévoles. Vraiment chapeau. En haut du col on passe sur un tapi pour les temps intermédiaires et ma puce ne bip pas ; zut ils vont croire que j’ai coupé !! Je ferai gaffe ensuite à passer avec le pied en bas mais sans succès. Première descente rapide mais glaciale. Un photographe est placé à la corde d’une belle courbe. Je le repère pour bien me placer pour les prochaines fois. Vient ensuite le petit pont sur la droite plein de cailloux et direct la cote. Modérés au début, les pourcentages montent progressivement pour arriver sur un S serré et costaud. Ça passe sur le 42 pour le premier tour mais on verra pour les suivants ! Un autre photographe avec en plus un radar !! Ca nous a tous bien fait rire. On reprend la route normale qui mène au col de grosse Pierre. La je double du monde, je suis bien. Descente à nouveau vers Gérardmer, frigorifiant. Il n’est que 10h30 et tjs pas de soleil. Fin du premier tour en 1h10. Pas mal mais il va falloir tenir. Coucou ma chérie avec son gros réflex. Je lui donne mon temps pour qu’elle se cale sur mes passages et puisse aller faire du shopping et manger qd il sera l’heure. Moi je dis chapeau car elle sera tjs là à chacun de mes passages.
Début du 2e tour. La cote approche et pour éviter de me cramer, je passe le 32 dès le bas pour tourner les jambes. Passage de plateau un peu violent, du coup je déraille. Je m’arrête pour remettre la chaîne et tout le monde m’encourage par mon prénom qui est sur mon dossard. Ils hésitent à me pousser pour repartir mais certains savaient que c’était pénalisé, donc je repars seul ! Dur de clipser dans du 7% surtout à faible vitesse ; j’y arriverai après 100m. RAS sur cette cote. Les triathlètes sont qd mêmes plus espacés. Mon premier moment de solitude arrive le long des lacs ou bizarrement je me retrouve sans personne en point de mire, seul sur ce long faux plat. Je me dis déjà que le 3e tour risque d’être dur si c’est déjà comme ça. Je récupère du monde sur le col des Feignes. En haut pause pipi obligatoire. La descente se passe sans encombre et de nouveau on remonte. Ptit sourire pour la photo, on fait gaffe à passer seul devant le « radar » et on poursuit la montée. En haut du col je change de bidon et c’est reparti. Dans la dernière cote, encore celle des Bas-Rupts, une moto approche. Un arbitre ? Non, la TV !! Et un avion me double !! Un certain Charly, Charly Loisel. On s’est tous regardé à ce moment là. Mais comment il fait pour monter comme ça. Petit « sourire » pour la caméra (au passage je suis sur la vidéo de Sport + - 30’46 – le lien si vous voulez la télécharger : http://9giga.sfr.fr/n/50-17/share/LNK46044ab49bfdb7db0/ ). Au passage sur la ligne Sudrie me double. L’honneur est sauf, seuls 2 costauds en vélo m’ont pris un tour !! Fin du tour en 1h12. Donc même temps que le 1er modulo les 2 « pauses ».
Troisième tour : je pars confiant sur le fait que je finisse au moins la partie vélo. Il ne pleut pas et je n’ai pas encore les jambes cramées. Donc ça va le faire. Bizarrement la densité des coureurs est supérieure que dans le second tour. La cote de Poli fait cette fois-ci très mal aux cuisses. Le col des Feignes sera monté tranquillou de même que la suite. On est tous un peu à l’arrachée dans les pourcentages « élevés » et le petit plateau permet de mieux passer que d’autres. Ca discute dans les montées et on s’hydrate dans les descentes. Petit à petit la fin s’approche. Mentalement on commence à passer en mode course à pied. Mais je crois que j’ai eu un peu de mal à me dire qu’il fallait que j’aille courir un semi tellement j’avais mal aux jambes. Je me demandais bien à ce moment là à combien je pourrais bien courir sans chopper des crampes. Je termine ce dernier tour en 1h19, comme quoi le mal de jambes se ressent sur le chrono. Dommage ! Le vélo est donné (largué plutôt) à un membre de l’organisation qui les entasse à l’entrée du parc. Heureusement que je suis pas avec le p2 ça m’aurait fait mal au coeur ! Une belle montagne commence à grandir ! L’an prochain objectif 1h par tour.
Au bilan ça donne 3h43 sur le vélo pour le 570e temps. Bof bof...
T2
Je récupère le sac, change de chaussettes, laisse le casque et la veste et c’est reparti pour 21 km. Le tout en 4’24.
Course à pied
Moi qui pensais avoir les jambes cuites, le début de la course n’est pas si mauvais ! Certes je ne suis pas à 15 km/h mais bon mon rythme me suffit. Je sens bien que si j’accélère ça va casser (crampes). Arrêt au premier ravito au bout de 200m pour boire un coup d’eau et reprendre un gel. Je dois faire remarquer que j’attends alors le speaker annonce l’arrivée de Chabaud qui gagne en 4h25. Chapeau. Au passage près de la ligne je récupère le premier chouchou jaune qui symbolise le début du 1er tour. Le plus désespérant dans l’histoire c’est de voir des mecs me doubler avec 3 chouchous ! En plus ils amusent pas la galerie... ça avoine. Un jour..... Arrivée au ravito du bout du lac je m’arrête pour me restaurer un peu plus. Gel, eau et quelques raisins pour changer mais rien de plus ; je marche le long de stables et repars sans trop de difficultés. A ce moment on passe dans un lotissement au bout du lac et je comprends rapidement que le tour du lac ne suffisant pas, les organisateurs ont eu la bonne idée de nous faire faire une boucle en A/R d’un km environ pour augmenter la distance. Tous les niveaux sont mélangés. Les raz du bitume comme moi qui traînent les pieds et les fusées qui finissent en 5h environ. Le retour le long de la route est un peu pénible à cause de la circulation mais c’est plat donc c’est ok ! Fin du premier tour en 40’14. Moyen dirons nous mais je ne pouvais faire guerre mieux. Le deuxième tour démarre et déjà une envie pressante se fait sentir, j’avais repéré une BioBox derrière le club voile ; je m’y précipite et repars aussitôt. La suite est classique. Petite pensée pour David au ravito du bout du lac lorsqu’on me propose une pastille de sel que j’accepte ; je me dis qu’au moins je mettrais ptet pas 5h pour finir !! Dans la boucle je me fais doubler par Eva Janssen qui s’envole vers la victoire après avoir déposé Delphine Pelletier qui est à l’agonie (c’est tout relatif !!) – elle finira sous la tente de la Croix Rouge. Ce deuxième tour est relativement décevant car je suis dans un faux rythme depuis le début de la CAP à cause de ces crampes à fleur de peau qui ont en fait quasi disparues. J’aurai du en remettre un peu pour voir ; mais bon tant pis. Donc 2e tour en 40’25. Encore un coucou à ma chérie sur le bord de la route ; dur de la repérer, à chaque fois elle change de cachette et avec sa petite voix, je l’entends pas. Je sais que maintenant j’irai au bout. Le genou m’a laissé tranquille, les crampes sont moins pressantes et même en marchant, je sais que ça le fera ! D’autres ont déjà fait des randos bien plus longues en Triathlon, à Nice par ex !! Il se reconnaîtra. Au final je ne marcherai pas et 3km avant la fin je me rends enfin compte que j’ai gâché un peu de ma vitesse en restant dans la même allure. J’accélère – attention c’est tout relatif – et redouble une vingtaine de mecs et savoure sur toute la fin du parcours. Avec du recul c’est vraiment en faisant une bonne CAP qu’on se sent le mieux – pouvoir tout donner à pied ça permet de sentir qu’on a été au bout au max. La ligne approche, je vérifie que personne n’est derrière pour me gratter une place et ralentis sur les derniers mètres pour les photos. 42’38 au 3e tour.
Trop d’la boulette, je finis mon premier Half 1 an et 1 mois après le début de ma galère. J’ai mal aux jambes, suis bien cramé mais j’ai déjà envie de revenir pour faire mieux et surtout mieux préparé. 5h30 est jouable je pense. L’année prochaine peut être !
Pour ceux qui mettraient en doute la non-platitude du parcours, jetez un coup d'œil aux courbes polar…
Bilan chronométrique :
Nat : 35’13
Vélo : 3h43’32
CAP : 2h03’18
Soit un total de 6h32’55 et une 579e place sur 906 classés et presque 1000 partants.
Post-course
Une fois la ligne franchie, je m’arrête quelques minutes reprendre mes esprits et m’enfile 8 gobelets d’Inkosport Récup avec des sels minéraux – j’avais une soif de ouf ! J’espère juste que mon estomac va l’accepter. Je fais la queue pour récupérer mon petit résumé chronométrique. Ensuite direction les massages puis le parc à vélo pour récupérer mon fidèle destrier pendant que les derniers arrivent. Douche, pizza et bon resto. Une top journée en somme !
Merci
Merci à ma chérie qui m’a suivi toute la journée dans le froid avec mon gros appareil (wink) et à tous ceux qui m’ont suivi et encouragé avant et après l’épreuve. Ce n’est que le début, mais c’est déjà top.